Jeunes avocats : Le malaise des années de stage

Publié le par maitreavocat.over-blog.com

Pris en sandwich entre le marteau des difficultés financières et l’enclume d’un manque d’encadrement, les avocats stagiaires continuent à se sentir «mal dans leur robe».

 
Tunis-Le Quotidien

 

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Le nombre des avocats stagiaires  enregistre une évolution continue depuis l’année judiciaire 2000-2001. D’une  moyenne annuelle de 500 stagiaires, on est passé à 1838 «avocats en herbe» au cours de l’année judiciaire 2006-2007.

Environ 70% des avocats stagiaires sont inscrits a barreau  de Tunis, selon l’Association Tunisienne des Jeunes Avocats (ATJA).

La montée en flèche du nombre des stagiaires est la principale cause de la détérioration de la situation de cette catégorie de membres du barreau.

 

A la recherche  de la perle rare

Après l’obtention du certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA) ou d’un diplôme d’études approfondies (DEA) en  droit, le jeune postulant est appelé  à faire des pieds et des mains pour s’inscrire au barreau. Et la course d’obstacles ne s’arrête pas là. «Durant les deux années de stage, les jeunes avocats ont besoin d’être guidés et éclairés.

C’est pourquoi, la recherche d’un maître de stage chevronné constitue l’étape la plus difficile», explique Lotfi Larbi, président de l’ATJA.

Plusieurs avocats stagiaires jouent de malchance et  tombent sur des maîtres de stage peu scrupuleux qui les exploitent, à fond et les privent de leurs émoluments.

«Durant mon stage, j’ai vu des vertes et des pas mûres. Mon encadreur m’avait carrément abandonné. J’étais acculé à travailler comme serveur à temps partiel  dans un  restaurant pour subvenir à mes besoins», se rappelle Anouar, aujourd’hui avocat ayant pignon sur rue.

 

Stages fictifs

Outre les rapports conflictuels avec les encadreurs, les avocats stagiaires se heurent à plusieurs tracasseries  administratives. Des greffiers zélés leur interdisent souvent de consulter les procès-verbaux des audiences ou les jugements à temps.

Certains jeunes avocats effectuent des stages «fictifs» et reçoivent de leurs encadreurs soucieux d’éviter de leur verser des honoraires des «certificats de complaisance».

Me Mohamed  Hammouda, maître de conférence à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, a précisé lors d’une conférence organisée récemment par l’ATJA sur le thème : «L’avocat stagiaire : réalités et perspectives» que ces stages fictifs», expliquent en grande partie le manque de professionnalisme de plusieurs hommes en robes noires.

Il a également souligné la nécessité de faire bénéficier les stagiaires d’une indemnité respectable qui leur permettrait de se consacrer à l’assimilation de l’art de  la plaidoirie et de la déontologie du métier.

Plusieurs mesures ont été prises ces dernières années pour améliorer la situation morale et matérielle des avocats stagiaires. Il s’agit notamment d’une indemnité versée par l’Etat au titre de stage d’initiation à la vie professionnelle, du raccourcissement des délais du versement des émoluments des stagiaires commis d’office et de prêts BTS destinés à financer l’ouverture des bureaux.

De nombreux  avocats stagiaires estiment toutefois que ces privilèges accordés en fonction de certains caractères «opaques» ne concernent qu’un petit nombre parmi les quelque 1800 stagiaires.

Le Chef de l’Etat vient d’ordonner l'augmentation de l’indemnité  de réquisition accordée aux avocats  stagiaires lors d’un entretien,  mardi, avec le bâtonnier, Me Béchir Essid.

Beaucoup reste toutefois à faire par les structures professionnelles pour améliorer l’encadrement des centaines de stagiaires qui accèdent chaque année au monde du barreau.

 
W.K.

 

France : L’accord sur la rémunération des avocats stagiaires est entré en vigueur


L’accord professionnel national relatif à la rémunération des avocats stagiaires du 19 janvier 2007, adopté à l’unanimité des syndicats d’employeurs et de salariés des cabinets d’avocats, est entré en vigueur le 1er novembre 2007 après avoir été étendu par un arrêté du 10 octobre 2007.

Cet accord fixe une échelle des gratifications des stages des élèves de l’EFB en fonction du nombre de salariés non avocats dans le cabinet et s’appliquera pour toutes les conventions de stage à compter du 1er jour du mois suivant la date de publication de son arrêté d’extension, donc le 1er novembre 2007.

Ainsi, lorsque le cabinet emploie jusqu’à deux salariés non avocats, la rémunération est fixée à 60 % du Smic, de trois à cinq salariés non avocats, elle est fixée à 70% du SMIC et au-delà de six salariés, elle est fixée à 85% du SMIC.

L’accord prévoit aussi une gratification entre 40% et 60% du SMIC en fonction du niveau d’études pour les autres stagiaires de cabinets d’avocats si le stage a une durée supérieure à trois mois.

Le document est consultable ici

 

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Publié dans Les Gens de Justice

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